• Principes

    PRINCIPES

    On réfléchit ici à un cahier d'activités autonomes individuelles dont l'un des buts est de libérer l'enseignant pour la gestion d'un groupe (travail en groupes de besoin ou gestion d'une classe multiniveau).

    L'autonomie pourra et devra aussi se concevoir dans d'autres typologies d'activités, collectives, s'inscrivant notamment dans une démarche de pédagogie de projet.



    1/ Comprendre l'autonomie:

    A LIRE: La construction de l'« autonomie » à l'école primaire : entre savoirs et pouvoirs In: Revue française de pédagogie. Volume 135, 2001. pp. 151-161.
    B Lahire

    L'acte autonome obéit à plusieurs critères :

    - présence d'un désir ou d'une nécessité
    - analyse de la situation , choix de la stratégie la plus efficace, la plus économique
    - passage à l'acte sans aide extérieure
    - réussite du projet


    2/ Principes fondamentaux de mise en place d'un cahier d'autonomie :

    - casser une pédagogie "traditionnelle" du type : séquence de type découverte/leçon/exercices d'application/évaluation menée sur un temps court pour étaler l'apprentissage dans le temps en faisant faire régulièrement les exercices d'évaluation (casser la courbe de l'oubli).

    D'où le choix de fichiers avec des exercices sur 2 phrases par exemple. Sur 30 fiches étalées dans l'année, cela fera 60 répétitions réparties dans le temps, beaucoup plus efficace que d'enchaîner deux exercices de 10 phrases sur la même semaine...

    Principes

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    - Les temps d’autonomie sont des temps de renforcement des apprentissages. Les élèves ont besoin de multiplier les expériences de manipulation, de confrontation à une notion avant de l’intégrer, temps qui peuvent se faire en grand groupe, en petits groupes et en individuel.

    - Certains points du programme sont à limiter / éviter / surveiller car requérant la présence de l'adulte pour verbaliser, expliciter...Il faut éviter de "mauvaises" constructions conceptuelles.

    - Nécessité d’une organisation pensée et rigoureuse: progression dans la difficulté !

    3/ La mise en place d’un cahier

    - la nécessaire implication de toute l’équipe (continuité, partage, efficacité)

    - l’importance du choix des outils et de la mutualisation pour éviter la surcharge de travail

    - Intérêt de centraliser dans un cahier pour éviter la dispersion, pour jouer sur l’autonomie non seulement du contenu mais aussi de sa mise en œuvre (méthodologie pour apprendre à s’en servir, à le gérer seul).

    - choix des outils et fichiers: l'expérience montre que des exercices courts impliquent davantage les élèves que de longues fiches prenant davantage de temps.


    - Importance d’utiliser des supports permettant une réelle progression dans les apprentissages: les premières fiches / activités doivent être "faciles" pour mettre l'élève en réussite et en confiance. La complexité doit venir progressivement et mettre en situation de résolution de problèmes (réinvestir les acquis, développer des stratégies...).

    -L'articulation avec les autres apprentissages et les différents temps de classe (regroupements, rituels, ateliers).




    4/ Difficultés à prévenir

    La mise en place d’un cahier peut poser quelques difficultés. Si on les anticipe en amont, la mise en œuvre n’en sera que facilité.

    En effet :
    - Le travail de validation des activités  peut solliciter fortement l’enseignant. Beaucoup de fichiers sont autocorrectifs mais une utilisation correcte de la correction requiert un apprentissage méthodologique.

    - Il faut de la place pour installer , ranger le matériel, et cela peut demander une réorganisation matérielle de la classe.

    - Il faut gérer le groupe : les élèves circulent dans la classe, peuvent bavarder mais c’est souvent aussi des échanges constructifs car même en ciblant un travail individuel, des échanges se créent.

    - Il est difficile de bien cibler : la progression doit être finement pensée : mettre l’élève en réussite au début, donc être très accessible mais par la suite devenir de plus en plus « résistante » pour mettre en situation d’apprentissage réel.

    - la gestion des élèves: certains sont plus lents, moins attentifs : il faut les stimuler. Toutefois l’expérience montre que cela progresse rapidement. D’autres sont déstabilisés car ils ont besoin de la présence de l’adulte. Mais ce travail de distanciation fait justement partie de l’apprentissage de l’autonomie et se construira progressivement.


  • Commentaires

    1
    Samedi 23 Avril 2016 à 22:20

    " l'expérience montre que des exercices courts impliquent davantage les élèves que de longues fiches prenant davantage de temps. "

    Je me suis fait la même réflexion à l'occasion de mes ateliers quotidiens.

    En fait, ce n'est pas tellement la taille de l'exercice qui compte mais la fréquence de la "rétroaction".

    Mes élèves travaillent par deux sur des ateliers autocorrectifs. Ils utilisent des petites fiches autocorrectives qui présentent l'exercice d'un côté et la réponse de l'autre.

    Grâce à ces exercices très courts (max 3 phrases), ils se corrigent aussitôt et abordent la fiche suivante en essayant de ne pas reproduire les mêmes erreurs. C'est beaucoup plus efficace et motivant qu'un long exercice de 10 phrases. 

    Remarque 1 : de mon côté, tous ces exercices sont faits dans le cahier du jour (je ne vois pas l'intérêt d'un support dédié).

    Remarque 2 : j'aime beaucoup aussi l'idée de travailler des exercices de même type sur toute l'année. C'est ce que j'adopte également dans ma classe, en m'appuyant sur les manuels Cléo (Retz, Antoine Fetet) qui sont complètement construits sur ce principe.

    2
    Samedi 23 Avril 2016 à 22:28

    Tout à fait d'accord avec ton idée taille de l'exercice / rétroaction.

    Il y a aussi que l'engagement de l'élève est plus grand car il anticipe ce qu'il a à faire, cela ne lui parait pas insurmontable et il voit qu'il saura vite s'il a réussi ou non...

    Après l'avoir fait testé et expérimenté ds de nbreuses classes, je suis passé du cahier pour l'ensemble des outils à un support dédié (on en parlait encore ce matin en réunion!).

    Ainsi, je fais des versions des fichiers au format A5, relié avec la feuille de route en première page. Du coup, on voit la continuité, l'objet peut aller dans la famille, on pt différencier en écrivant dedans spécifiquement pour l'élève, etc...

    Mais ce n'est que mon approche : )

    3
    Samedi 23 Avril 2016 à 22:43

    C'est sûr que le livret est très confortable. Dès que l'élève a un moment, il peut le sortir et se mettre immédiatement dessus.

    Je préfère quand même mes petites fiches, parce qu'elles me coutent très peu de photocopies (les élèves utilisent tous les mêmes, elles sont plastifiées) et que je peux, je trouve, + différencier.

    J'ai toujours, sur une même compétence, au minimum 4 niveaux de difficulté (sachant que j'ai un CM1-CM2).  Donc tous les élèves ne piochent pas dans les mêmes niveaux de fiche même si, en apparence, tous travaillent la même compétence ou le même "domaine".

    Avec un livret, soit il faut en faire plein de différents pour convenir à tous les niveaux, soit tous les élèves ne peuvent pas tout faire (ou bien les exercices sont trop faciles pour certains), non ? Comment tu gères ?

    Sinon, pour la correction, tu fais comment ?

    4
    Dimanche 24 Avril 2016 à 07:12

    Je comprends ce que tu veux dire. Le "principe" proposé ici est "simple" et fait pour être accessible à tout enseignant, notamment des profs stagiaires à qui je le propose pour comprendre et mettre en œuvre une réelle autonomie en classe.

    La différenciation est moins présente, si ce n'est par la variété de fichiers qui ne sont pas associés à un niveau. Et volontairement, dans chaque fichier, il y a une progression; les premières fiches sont très "faciles" pour mettre en confiance les élèves et les inciter à aller plus loin (motivation ++). Donc chacun avance à son rythme et dans la progression des fiches, ça se complexifie au fur et à mesure.

    Sur le temps de fonctionnement de ces fichiers, je ne propose pas plus de différenciation puisque ce fonctionnement a été mis en œuvre pour permettre à l'enseignant de gérer un groupe de besoin. Avec suffisamment de fichiers différents (pour qu'ils choisissent) , les élèves (du CP au CM2) restent ss problème en autonomie pdt 30-40 mins ce qui permet à la maîtresse de prendre deux ou trois groupes pour remédier à un pb, revoir une notion. L'idée est d'avoir un ou deux créneaux de ce type par semaine.

     

    Pour les photocop, je fais des impressions "format livret"(A5) et en faisant du recto verso, ça fait assez peu de photocop

    Dans l'idéal, je passerai tout ça sur tablette avec davantage de différenciation (aller vers de l'adaptative learning) mais je n'en suis pas là...

     

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